Capitale du parapluie en France : connaissez-vous cette ville emblématique ?

En France, une seule ville concentre plus de 80 % de la production nationale de parapluies. L’appellation « parapluie de qualité française » y trouve son berceau depuis le XIXe siècle, protégée par un savoir-faire transmis de génération en génération.

Ce bassin industriel, longtemps délaissé par les grandes chaînes de distribution, connaît aujourd’hui un regain d’intérêt grâce à la valorisation de l’artisanat et du tourisme local. Les ateliers locaux, autrefois menacés de disparition, enregistrent désormais une fréquentation en hausse, attirant curieux et passionnés venus de toute la France.

Où se trouve la capitale du parapluie en France ?

Au cœur du centre de la France, Aurillac occupe une place à part : c’est elle qui porte fièrement le titre de capitale du parapluie en France. Au sein du Cantal, dans la région Auvergne, cette cité marie héritage, savoir-faire et climat unique. Surnommée « la ville à la campagne », Aurillac longe la Jordanne, une rivière qui traverse ses quartiers aux briques rouges et ses allées médiévales.

Le Cantal, terre de reliefs et de prairies, cache en son centre un joyau bâti : Aurillac. Ici, l’atmosphère oscille entre authenticité et vitalité. Ce village médiéval devenu ville garde le souvenir de ses racines, qu’on retrouve dans les maisons à colombages et les ruelles étroites du centre historique. L’environnement, dominé par les monts du Cantal, offre un climat reconnu pour sa fraîcheur et ses averses régulières : conditions idéales pour façonner une industrie du parapluie qui ne ressemble à aucune autre.

Aurillac n’est pas un simple point sur la carte. Sa réputation s’étend bien au-delà de l’Auvergne Rhône-Alpes, portée par ses ateliers, son dynamisme et l’attrait de son savoir-faire. La tradition du parapluie, née au XIXe siècle, est devenue indissociable de l’identité de la ville. Ici, le nom d’Aurillac évoque immédiatement l’excellence, aussi bien auprès des voyageurs que des professionnels du secteur.

Un savoir-faire unique : l’histoire et les secrets de fabrication des parapluies

À Aurillac, la fabrication du parapluie relève d’un héritage que l’on cultive depuis des générations. Des ateliers familiaux côtoient des entreprises emblématiques : depuis 1884, la manufacture Piganiol perpétue la tradition dans ses ateliers de la rue Ampère. Détenant le label Entreprise du patrimoine vivant, elle maîtrise toutes les étapes : choix des matières, découpe, assemblage, finitions. Les modèles phares, comme le fameux parapluie de berger, sont le reflet de cette exigence : robustesse, élégance et usage réfléchi.

L’histoire locale du parapluie ne se limite pas à la tradition. Elle se nourrit d’inventions remarquées. Prenons Gérard Delos, artisan d’Aurillac, qui a bouleversé les codes avec son parapluie carré, récompensé d’une médaille d’or au Concours Lépine. Ce modèle sans coutures visibles combine pièces interchangeables, protection anti-UV et motifs originaux qui transforment l’objet en véritable tableau. Ici, l’innovation accompagne le geste traditionnel et façonne une identité forte, entre racines et renouveau.

Fabriquer un parapluie de haute qualité, c’est orchestrer une série de gestes précis, en s’appuyant sur des matériaux soigneusement sélectionnés. Voici les critères sur lesquels insistent les artisans d’Aurillac :

  • Des armatures en acier ou en bois, choisies pour leur résistance
  • Des toiles déperlantes, en coton ou polyester technique
  • Un montage manuel rigoureux, qui garantit solidité et finitions impeccables

Ce souci du détail donne à la production aurillacoise une réputation inégalée. Les connaisseurs, tout comme certaines maisons françaises réputées, s’adressent à ces ateliers pour leur recherche d’exception et de raffinement. Si le savoir-faire local rayonne au-delà des frontières, il reste intimement lié à la culture d’Aurillac.

Pourquoi cette ville attire-t-elle les voyageurs curieux et les amateurs d’artisanat ?

Aurillac, nichée dans le Cantal, attire par son authenticité tenace et la vitalité de ses traditions. Les visiteurs ne viennent pas seulement pour repartir avec un parapluie : ils découvrent une ville où l’artisanat fait partie du quotidien, où chaque ruelle raconte une histoire tissée par les saisons et la main de l’homme. L’Office de tourisme du pays d’Aurillac, rue des Carmes, propose des visites guidées qui donnent vie au patrimoine local, entre façades rouges et demeures médiévales.

Ceux qui poussent la porte de la ville ne s’arrêtent pas à une simple promenade. Certains s’offrent une halte à la Maison de Massigoux, ancienne ferme du XVIIIe siècle transformée en chambre d’hôtes, dont le jardin et le sentier invitent à goûter la douceur de l’Auvergne. D’autres préfèrent le Château de Salles, où Christian Vabret, meilleur ouvrier de France en boulangerie, propose une expérience à la fois gastronomique et hôtelière, avec piscine et terrasse dominant la vallée.

Les rencontres avec le terroir prennent la forme de visites dans les fermes familiales, comme le GAEC Cambon : ici, la vache de Salers fournit un lait exceptionnel, utilisé pour l’Acajou, fromage fermier qui voyage jusqu’en Chine. Les amateurs de fromages trouvent aussi leur bonheur avec le Cantal de Salers, protégé par une AOP et transmis de main en main depuis des générations.

Une pause gourmande à l’Auberge des Milans, tenue par un couple de Bretons tombés sous le charme de la région, prolonge cette plongée dans la culture locale, avec une cuisine montagnarde et des soirées conviviales. À Aurillac, le séjour se transforme en immersion, entre patrimoine, gastronomie et échanges chaleureux avec des artisans fiers de leurs racines.

Jeune femme avec parapluie dans une rue pavée de Paris

Balade au cœur de la ville : lieux emblématiques et expériences à ne pas manquer

Posée au pied des monts du Cantal, Aurillac se dévoile comme une ville vivante où chaque détour réserve une découverte. La rue Paul-Doumer, centre névralgique du commerce local, pulse au rythme des habitants tandis que les ruelles voisines, bordées de maisons en briques rouges, invitent à la flânerie. Un passage par la rue des Carmes, où siège l’office de tourisme, offre de précieuses pistes pour explorer la ville sous un angle nouveau.

Le Rocher des pendus ne laisse personne indifférent. Ce promontoire, au nord de la ville, offre un panorama spectaculaire sur Aurillac et la vallée de la Jordanne. Lieu chargé d’histoire, il fut autrefois théâtre d’exécutions, et incarne la mémoire collective des habitants.

Non loin de là, le château médiéval Saint-Étienne accueille la Maison des volcans. Cet espace d’interprétation permet de mieux saisir les paysages alentours et l’activité géologique du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne.

Pour ceux qui aiment la nature, les gorges de la Jordanne promettent une aventure : passerelles suspendues, roches volcaniques et cascades ponctuent un sentier qui ne laisse pas indifférent. Plus loin, le lac de Saint-Étienne-Cantalès déroule sur treize kilomètres ses plages, activités nautiques et points de vue sur une nature transformée par la main de l’homme.

Envie d’authenticité ? La Maison de Massigoux, ferme de 1720, accueille les amateurs de séjours hors du temps. Quant au Rocher de Carlat et sa visite en réalité augmentée, il donne vie à une page méconnue de l’histoire régionale.

À Aurillac, chaque détour, chaque visage rencontré, chaque parapluie ouvert sous la pluie raconte une histoire singulière. Ici, le quotidien a la couleur du patrimoine et la saveur des rencontres inattendues.

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