En 2018, l’Organisation mondiale du tourisme a classé le trekking parmi les activités de plein air les plus pratiquées au monde, dépassant le cyclotourisme dans plusieurs pays européens. Malgré son succès, la confusion demeure entre les termes utilisés, les pratiques et les exigences physiques. Contrairement à la randonnée classique, certains itinéraires imposent plusieurs jours d’autonomie, une logistique spécifique et une préparation physique adaptée.Des réglementations locales limitent parfois l’accès à certaines zones ou imposent un équipement précis, rendant indispensable une information fiable avant de se lancer. Les choix d’itinéraires, les types de matériel et les bénéfices attendus varient fortement selon les régions et les profils de pratiquants.
Le trekking, bien plus qu’une simple marche : définition et état d’esprit
Le trekking ne se contente pas de quelques foulées dans la campagne. C’est une discipline sportive à part entière, où la nature s’impose comme cadre, juge et partenaire. Marcher plusieurs jours sans croiser de route ni d’abri en dur, c’est accepter de porter sur soi de quoi dormir, manger, se protéger du froid ou de la pluie. L’autonomie devient la règle, la gestion du matériel et de la nourriture, la condition de la liberté. Le corps apprend à tenir, l’esprit s’aiguise à chaque imprévu. Ici, la routine ne s’invite jamais : les paysages, la météo, le terrain, tout change, tout oblige à s’adapter.
Pourtant, réduire le trekking à l’effort serait passer à côté de l’essentiel. On y apprend à se délester, à traverser les espaces sans les abîmer. Hors des foules, celui qui trekke s’initie au tourisme responsable. On ne laisse rien traîner, on veille à ne pas déranger la faune, à respecter les interdictions locales. Le bivouac n’est pas un caprice, mais une étape naturelle du parcours, où la nuit, la lumière et la météo guident le rythme. Un réveil au sommet, une pluie battante, un ciel dégagé au petit matin : ces instants-là restent gravés dans la mémoire.
Certains partent seuls, pour le calme et la réflexion. D’autres préfèrent la force du groupe, partager le portage, l’orientation, les repas autour d’un feu. Dans certaines régions, la réglementation ou l’isolement impose un guide. Les motivations diffèrent : défi sportif, recherche de solitude, exploration de territoires sauvages, curiosité pour d’autres cultures. Mais tous cherchent ce contact direct avec le réel, cette sensation de reliance et d’apprentissage.
Pour rendre compte de ce qui façonne l’expérience du trekking, on peut citer plusieurs éléments :
- Autonomie : planifier, porter et gérer ses besoins quotidiens.
- Respect de la nature : faire preuve de discrétion, limiter son impact, suivre les règles locales.
- Tourisme responsable : préserver les paysages, les espèces, les cultures rencontrées.
- Endurance : accepter la fatigue, la météo, l’imprévu, et poursuivre malgré tout.
Randonnée ou trekking : comment faire la différence ?
La frontière entre randonnée et trekking tient à la durée, à l’autonomie et à l’état d’esprit. La randonnée pédestre, ou hiking, s’organise généralement à la journée : on part léger, sur des chemins balisés, avec l’assurance de retrouver un toit le soir. L’équipement reste simple, la logistique se fait discrète, chacun peut adapter l’effort à son rythme.
Le trekking pousse plus loin l’expérience. Il s’étale sur plusieurs jours, parfois une semaine ou davantage, et demande de tout porter avec soi : tente, matelas, repas lyophilisés, vêtements adaptés aux variations du climat. Chaque gramme compte, chaque objet doit se justifier. Loin du confort, on apprend à s’organiser, à anticiper, à composer avec la nature qui ne se laisse pas dompter. Bivouac, orientation, gestion de l’eau et des déchets deviennent des préoccupations permanentes.
Le niveau d’exigence physique s’élève : le trekking s’adresse à ceux qui acceptent le dénivelé, les chemins accidentés, la pluie, la chaleur ou le froid, et tous ces petits imprévus qui font la saveur de l’aventure. À l’inverse, la randonnée reste accessible à un large public : familles, enfants, marcheurs occasionnels. Pour éclairer la distinction, quelques points clés s’imposent :
- Durée : quelques heures pour la randonnée, plusieurs jours pour le trekking.
- Autonomie : léger et minimal pour la randonnée, portage intégral et gestion des ressources pour le trekking.
- Engagement physique et mental : l’endurance, la ténacité et la capacité à improviser prennent une place centrale lors d’un trek.
Quant au trail, il mise avant tout sur la vitesse et la performance sur sentier, tandis que le trekking privilégie l’endurance, la lenteur assumée et la connexion avec l’environnement.
Quels équipements et préparatifs pour se lancer sereinement ?
La réussite d’un trek commence par des choix réfléchis, adaptés à la durée et à la difficulté du parcours. Les chaussures de trekking sont le socle de l’équipement : robustes, confortables, capables d’encaisser la caillasse comme la boue, elles doivent s’adapter à la morphologie du marcheur. Le sac à dos, généralement de 40 à 60 litres selon la durée, doit permettre d’emporter le nécessaire sans devenir un fardeau. Le juste équilibre entre légèreté et résistance évite bien des désillusions après trois jours de marche.
La tente légère et le sac de couchage adapté aux températures prévues font toute la différence lors d’une nuit agitée. Pour les vêtements, la célèbre règle des « trois couches » s’applique : une première pour évacuer la transpiration, une seconde pour isoler, une troisième pour protéger des éléments. L’orientation ne s’improvise pas : une carte IGN, une boussole ou un GPS fiable restent incontournables. La trousse de secours doit être complète, accessible, et adaptée aux risques du terrain.
L’autonomie alimentaire suppose d’anticiper l’apport en calories, en privilégiant des vivres énergétiques et une solution fiable pour purifier l’eau, surtout en terrain isolé. Les bâtons de marche facilitent les longues descentes et soulagent les articulations, particulièrement sur les terrains accidentés.
Mais la préparation ne s’arrête pas à la liste du matériel. S’entraîner à porter un sac chargé, à marcher sur du dénivelé, à affronter le vent ou la chaleur, réduit les risques de blessure. Le mental, souvent négligé, se travaille : accepter l’imprévu, l’isolement ou le doute, fait partie du jeu. Que l’on parte seul, à plusieurs ou accompagné d’un guide, la réussite d’un trek repose sur l’anticipation et la capacité d’adaptation, face aux surprises de la nature.
Les bienfaits insoupçonnés du trekking pour le corps et l’esprit
Qu’on grimpe sur les crêtes ou qu’on traverse des forêts épaisses, le trekking sollicite tout le corps. Muscles, articulations, cœur : la marche régulière développe l’endurance, affine la silhouette, améliore la santé cardiovasculaire. Après quelques semaines, beaucoup notent une perte de poids, un équilibre retrouvé, une coordination plus fine.
Pourtant, c’est souvent dans la tête que le changement s’opère. Prendre le temps de marcher, loin des écrans, calme les tensions, aide à gérer le stress, favorise la concentration. L’Organisation mondiale de la santé recommande d’ailleurs ce type d’activité physique pour apaiser l’anxiété. Ouvrir les yeux sur d’autres paysages, s’imprégner du grand air, écouter le silence ou les bruits de la forêt : autant d’éléments qui invitent à la réflexion, stimulent la créativité et recentrent sur l’essentiel.
Le trekking forge le caractère. Porter son sac, organiser un bivouac dans la boue, faire face à la pluie ou au vent : chaque expérience renforce la confiance en soi, l’autonomie, la capacité à prendre des décisions. En groupe, la solidarité s’impose : partager le matériel, répartir les tâches, choisir la route ensemble, tout cela tisse des liens forts et développe l’écoute des autres.
Pour mieux cerner les bénéfices du trekking, voici les principaux effets repérés sur le terrain :
- Santé physique : endurance accrue, force musculaire, cœur entraîné.
- Santé mentale : apaisement, créativité, capacité à se recentrer.
- Compétences sociales : confiance mutuelle, organisation collective, adaptation aux imprévus.
Au bout du chemin, le décor change, mais l’envie de repartir s’installe. Le prochain sentier n’attend qu’un pas de plus.


